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 Incantation.

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Sara
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MessageSujet: Incantation.   Mar 17 Juin 2008 - 14:41

Incantation
Alice Hoffman.
Editions Gallimard
Collection Scripto
ISBN : 9782070577989
8€
160 pages.

Ne faites pas attention au résumé de l'éditeur car il est nullissime. Le voici néanmoins :
Estrella et Catalina. Amies depuis toujours. Amies pour toujours. Rien ne devait jamais changer. Et pourtant... pourtant il y a la vie et les circonstances, l'humanité et ses faiblesses. C'est ainsi que tout bascule. Estrella et sa famille sont montrées du doigt, persécutées. Mais personne ne peut empêcher la jeune fille d'aimer Andrés. La jalousie et la trahison s'installent. L'amitié résistera-t-elle à la haine ?

Incantation» se lit comme la confidence précise et poignante d'une jeune fille du XVIème siècle dont la vie est ravagée par l'Inquisition et qui nous ressemble comme une sœur.

La première page :
Si les vies sont des rivières, pourquoi s'étonner que les changements qui les affectent ne nous soient perceptibles qu'une fois rendus en pleine mer ? Il arrive un jour où, balayant du regard ce qui nous entoure, nous constatons que plus rien n'est pareil, pas même notre visage. Il fut un temps où mon nom signifiait fille, petite-fille, amie, sœur, bien-aimée. À présent, il n'a de sens que celui de son orthographe : Étoile dans le ciel nocturne. Vérité au sein de l'obscurité. J'ai traversé les mers pour me rendre dans une contrée où je n'aurais jamais imaginé me rendre un jour. Je suis devenue quelqu'un dont je n'avais pas idée. Un secret. Un rêve. C'est ce que je suis, corps et âme. Brûlez-moi. Noyez-moi. Mentez-moi. Je demeurerai celle que je suis. Nous habitions un petit village d'Espagne. Il n'existe plus désormais, mais à l'époque, il s'appelait Encaleflora, du nom de la fleur du citron vert, qui réunit à elle seule amertume et douceur. Un village qui avait abrité ma famille cinq siècles durant, une merveille d'architecture dans un des plus beaux paysages d'Aragon. Tout a commencé par une chaude journée d'été. J'étais au jardin quand j'ai senti une odeur de brûlé. Pas celle des fleurs de citron vert, mais de l'amertume à l'état pur. Pépins, peaux, noyaux. C'est ainsi que cela a commencé. C'est ainsi que notre monde a disparu. Le jour du feu, ma très chère amie, Catalina, est accourue dans notre jardin, elle m'a prise par la main, me pressant de la suivre. - Allons à la Plaza, a-t-elle dit. Allons voir ce qui brûle. Catalina était curieuse comme une chatte, on ne s'ennuyait jamais avec elle. Elle avait un rire cristallin. Elle était moins grande que moi, et bien que ma grand-mère ait toujours professé que ses cheveux étaient trop frisés et son nez trop busqué, je trouvais que nous nous ressemblions comme deux sœurs. Nous étions si proches que rien ne pouvait nous séparer. Notre amitié datait de nos plus tendres années. Lorsque je la regardais, je voyais l'enfant qu'elle avait été, la jeune fille qu'elle était à présent et la femme qu'elle serait bientôt. Les autres filles que je connaissais disaient du mal dans votre dos et vous souriaient avec fausseté. Pas Catalina. Elle savait qui j'étais profondément : je pouvais être paresseuse, je croyais en l'amour véritable, j'étais têtue et loyale, son amie pour la vie.

Mon avis :
Vous connaissez sans aucun doute Alice Hoffman, c’est elle qui a écrit Drôle de meurtre en famille, rebaptisé les Ensorceleuses après la sortie du film du même nom (mais qui, il faut bien le dire, n’a que peu de choses en commun avec le roman).
J’aime vraiment beaucoup cet auteur, son écriture a ce petit quelque chose qui la rend « sorcière, » cette manière de décrire des événements, qu’ils soient banals ou extraordinaires, d’une façon imagée et sensitive qui les rend vivants.. L'ordinaire s'y fait magique et la magie ordinaire. C’est toujours sobre et poétique à la fois, tissé de ressentis et d’émotions. Elle voit les choses, petites ou grandes, d'une autre façon que celle régie par la logique et elle nous les montre ainsi, à sa manière surnaturelle. C’est cela pour moi de l’écriture sorcière…
Ses récits sont toujours beaux et cruels et celui-ci n’échappe pas à la règle, un récit qui oscille entre joies simples et craintes. Estrella grandit et le lecteur avec elle. Elle va faire ses choix, Catalina de même, apprendra à se connaître elle-même et a décider de qui elle veut être.
Ne vous fiez pas au fait que ce très court roman soit publié dans une collection « jeunesse, » je crois qu’il mérite d’être lu à n’importe quel âge. D’ailleurs, les romans qu’Alice Hoffman a écrit pour les adolescents (notamment Mes meilleures amies et La Prédiction,) ont toujours eu ma préférence en comparaison de ceux écrits pour les adultes, je les ai toujours trouvés plus soignés, allez savoir pourquoi…
C'est un roman triste et beau à la fois, cruel et empli d'espoir, typique de l'écriture d'Alice Hoffman.
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